Etre homme et loup
argentique 120mm, série, noir et blanc, 20x20cm, 2009
La série photographique est inspirée par la fable le loup et le chien du recueil « Les Fables Choisies », livre I de La Fontaine. A la manière de la fable, elle déroule un espace narratif qui associe et partage les antagonistes que sont le loup et l’homme. Elle met en évidence la servilité de l’homme, la nature du chien domestique. Le loup figure mythique, fascinant, craint pour sa férocité, respecté pour sa liberté est aujourd’hui décimé en Europe. Il s’agit de renouer avec le fantasme primitif et naturel que le loup arbore. Il ne s’agit pas ici d’émettre un propos moralisateur sur nos sociétés, mais plutôt de considérer l’inadéquation qui existe entre la nature et la ville et le conditionnement humain et animal à vivre dans une cité. L’homme est ainsi comme un chien errant solitaire et flou. Aussi par le biais de l'animal (un coyote en l’occurrence), Joseph Beuys, montrait dans "I like America and America likes Me" qu’il existe un fossé entre la nature et la ville, que la nature n’a plus sa place.
Cette série tente alors de renouer poétiquement avec la diversité de leurs asymétries, au lieu qui les rassemble afin de réaliser la nature primitive et bestiale qui nous anime, cachés. Par ailleurs, Sigmund Freud associait dans l'inconscient, le loup au désir, aux pulsions primales, particulièrement sexuelles. Le loup est donc ici présent comme signe de notre rattachement à la nature, comme faisant partie intégrante de notre humanité primordiale et intime.